Vivre à Milan permet de ressentir tout particulièrement le passage des saisons. La lumière change, la ville se déleste de son manteau sans pour autant se retrouver nue ; il en va de même pour notre façon de vivre, de nous déplacer et de nous habiller. La transition du printemps vers l’été suscite un sentiment de possibles. Les épaisseurs tombent. Le corps change de sensation.
Le temps joue également en faveur de Bottega Veneta. Plus on s’immerge dans l’univers de la Maison, plus l’attention se porte sur le détail révélateur : on passe de ce qui s’offre immédiatement au regard à ce qui demande à être découvert. La beauté devient une expérience à savourer. Une expérience personnelle, semblable à la découverte de soi.
Cette collection incarne ce mouvement. Le printemps qui anticipe l’été. L’été qui commence à éclore. Une métamorphose en douceur d’un état à un autre.
Un dépouillement, tant physique que mental : la protection laisse place aux possibles. Les vêtements ménagent un espace entre eux et le corps, s’éloignant de la contrainte pour aller vers la liberté. La coupe s’assouplit sans perdre en précision. Le cuir se fait léger comme une plume. Le savoir-faire gagne en ingéniosité. L’intelligence et l’émotion de la main restent visibles, tout comme l’imperfection du geste. Les définitions s’assouplissent elles aussi. Le masculin et le féminin se rencontrent et se confondent. Il ne s’agit pas de neutralité, mais de la liberté de naviguer entre les genres.
L’Intrecciato est au cœur de Bottega Veneta : on y tisse la matière, mais aussi les disciplines, les gestes et les liens entre les personnes. La collaboration devient une autre forme de tissage.
La légèreté est porteuse d’optimisme ; elle permet au corps, aux vêtements et peut-être même à soi-même de bouger plus librement.
L’été comme une proposition : porter moins, mais ressentir davantage. Laisser une ouverture pour que l’air puisse circuler.

