Tout au long de la saison, le TCE célèbre Beethoven à l’occasion du bicentenaire de sa disparition.
Des symphonies les plus lumineuses aux plus monumentales, de l’élan héroïque de la Troisième à la puissance chorale de la Neuvième, de grandes phalanges (Orchestre National de France, Orchestre de Chambre de Paris, Les Siècles) s’emparent de ces œuvres fondatrices sous la direction de chefs de renom, tels que Daniele Gatti, Thomas Hengelbrock, Finnegan Downie Dear ou Philippe Jordan.
En miroir, la musique de chambre révèle l’intimité et l’audace du compositeur, des quatuors à cordes aux trios et quintettes, avec des interprètes majeurs (Renaud Capuçon, Mao Fujita) et de talentueux ensembles, notamment le jeune Quatuor Leonkoro et le Trio Wanderer.
Enfin le génie de Beethoven sera mis en lumière dans le répertoire instrumental, interprété par des artistes confirmés (Nikolaï Lugansky, Igor Levit, Nemanja Radulović…) aux côtés de la jeune génération, notamment Arielle Beck et Roman Borisov.
Julien Libeer, Aurélien Pascal, Kevin Spagnolo

Dimanche 11 octobre 2026 à 11h
Trois talentueux instrumentistes se produiront pour la première fois avenue Montaigne.
Trois brillants instrumentistes se retrouveront pour fêter quelques-unes des plus belles pages en solo (Bach), en duo (Beethoven et Brahms) et en trio (Zemlinsky). Le pianiste belge Julien Libeer est un chambriste accompli et se produit sur les plus grandes scènes européennes. Avec Lorenzo Gatto, il a enregistré l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, récompensée par un Diapason d’Or en 2016. Le trentenaire Aurélien Pascal a été révélation soliste instrumental aux Victoires de la Musique en 2023. Aussi à l’aise comme concertiste que chambriste, il joue sur un violoncelle Adolphe Gand de 1850 qu’il a hérité de sa mère. Enfin, le clarinettiste toscan Kevin Spagnolo fut à 22 ans le plus jeune Premier Prix du concours de Genève en 2018.
Julien Libeer et Aurélien Pascal interpréteront la sonate n°3 de l’opus 69 de Beethoven. Composée entre 1807 et 1808, elle est la troisième des cinq sonates pour violoncelle et piano. Elle occupe une place très particulière dans le parcours créatif de l’artiste, qui travaille simultanément ses symphonies 5 et 6. Créée en 1809, soit 11 ans après les deux premières sonates, elle connaît un succès immédiat. Novatrice par le parfait équilibre entre le piano et le violoncelle, qui dialoguent à égalité, elle compte aujourd’hui parmi les œuvres majeures de la musique de chambre.
Roman Borisov piano

Dimanche 24 janvier2027 à 11h
Le premier récital parisien de Roman Borisov, jeune prodige du clavier slave.
Disciple de Mary Lebenzon, emblématique professeure du Conservatoire de Novossibirsk, Roman Borisov a donné son premier récital en France en 2015, dans le cadre du festival Piano en Valois d’Angoulême. Il avait alors tout juste 12 ans. Depuis, il a remporté de nombreux prix internationaux, notamment le prix de la Fondation Tabor à l’Académie d’été du Festival de Verbier, et le premier prix du Kissinger KlavierOlymp, pour lequel il était le plus jeune participant. Pour son premier rendez-vous parisien, il interprétera des sonates de Beethoven et Rachmaninov, des impromptus de Schubert et des extraits des rares Mélodies oubliées de son compatriote Medtner.
Composée entre 1798 et 1799, la sonate n°8 pour piano de Beethoven, « la Pathétique », doit son surnom au caractère dramatique de son premier mouvement, introduit par un Grave qui confère d’emblée à l’œuvre une dimension théâtrale. L’expression dramatique de cette sonate se ressent par la tonalité en ut mineur, que Beethoven réinvestira dans plusieurs de ses œuvres majeures, notamment les symphonies. La forme classique de cette pièce contraste avec l’affirmation d’un style déjà empreint de romantisme. Différentes émotions semblent s’entremêler, donnant naissance à une œuvre à la fois novatrice et singulière. Le deuxième mouvement, l’Adagio cantabile, fait aujourd’hui partie des thèmes les plus reconnaissables de la musique classique.
Quatuor Leonkoro

Dimanche 21 février 2027 à 17h
Le jeune Quatuor Leonkoro, en résidence cette saison avenue Montaigne, interprétera deux œuvres majeures de Beethoven et Brahms.
Créé en 2019, le Quatuor Leonkoro est encore jeune mais a déjà tout d’un grand, ne serait-ce que par les prix internationaux qu’il a remportés (Concours du Wigmore Hall de Londres, Concours de Bordeaux…) et la publication d’un premier disque remarqué. Le Quatuor a fait ses armes auprès de musiciens de renom, du Quatuor Alban Berg au Quatuor Hagen, en passant par Oliver Wille (Quatuor Kuss) et Mathieu Herzog (Quatuor Ébène). Pour ce second rendez- vous avenue Montaigne, les musiciens interpréteront deux fondamentaux de Beethoven (Quatuor à cordes n° 4 op. 18) et de Schubert (Quatuor à cordes n° 13 D. 804 « Rosamunde »).
Parmi les six quatuors à cordes de l’opus 18 dédiés au prince Joseph Franz von Lobkowitz, l’un des mécènes les plus importants dans la vie de Beethoven, le Quatuor n°4 a intrigué et divisé la critique : traditionnel pour certains, il apparaît impétueux et passionné pour d’autres. Cette contradiction s’observe également dans la composition elle-même, avec le passage en ut majeur au deuxième mouvement, qui vient rompre l’atmosphère grave et inquiétante du premier mouvement. Avec une tonalité en ut mineur sur les trois autres mouvements, l’œuvre installe une couleur dramatique que l’on retrouve notamment dans la sonate « Pathétique » ou dans la cinquième symphonie. Ce choix est loin d’être anodin et annonce un renouveau dans sa carrière musicale. Composé entre 1799 et 1800, ce quatuor témoigne de la transition entre l’héritage classique de Haydn et Mozart et l’affirmation progressive du langage personnel de Beethoven.
Les Siècles Finnegan Downie Dear direction

Mercredi 28 avril 2027 à 20h
Les Siècles seront dirigés par le brillant chef anglais Finnegan Downie Dear pour cette soirée consacrée à Beethoven.
Encore peu connu des scènes parisiennes, le jeune chef anglais Finnegan Downie Dear compte déjà parmi les baguettes les plus convoitées en Europe. Il se fait connaître de la scène internationale en 2020, lorsqu’il remporte le concours Mahler dans les répertoires symphonique et lyrique. En France, il se fait remarquer à l’été 2025 lors des représentations de Billy Budd (d’après Britten) au festival d’Aix-en-Provence. Directeur artistique du Shadwell opera, une compagnie londonienne dédiée au répertoire britannique contemporain, il fera ses débuts à l’Opéra de Paris en janvier 2027 pour Don Giovanni. Il se produira également pour la première fois au Théâtre des Champs- Elysées à la tête des Siècles, pour deux des plus populaires symphonies de Beethoven.
Avec ses quatre premières notes emblématiques, la cinquième symphonie de Beethoven est sans doute l’une des œuvres les plus célèbres de la musique classique. Selon la légende, Beethoven aurait qualifié ce fameux motif rythmique (trois brèves, une longue) de ses mots : « Ainsi frappe le destin à la porte ». La n°5, nommée postérieurement « la symphonie du Destin », est née à Vienne en 1808 pendant les guerres napoléoniennes. L’accueil est d’abord très mitigé, et la pièce ne connaîtra le succès qu’après une critique élogieuse d’E.T.A. Hoffmann en 1810, qui la qualifie ainsi : « C’est irrésistible comme cette magnifique œuvre transporte l’auditeur à travers des climats grandissant jusqu’au royaume spirituel de l’infini ».
Composée entre 1811 et 1812, alors que Beethoven est en cure thermale pour soigner les débuts de sa surdité, la symphonie n°7 sonne comme un espoir dans un contexte difficile pour le compositeur. Le résultat est une pièce très énergique, avec de grands crescendos et des répétitions presque hypnotiques. Le rythme domine la mélodie et fait toute la singularité de cette œuvre, placée sous le signe de la danse. Selon Richard Wagner, il s’agit d’une splendide « apothéose de la danse ».
Trio Wanderer

Dimanche 23 mai 2027 à 11h
Habitué de l’Avenue Montaigne, le formidable Trio Wanderer sera de retour en mai pour deux pièces de Beethoven.
Fidèle de longue date des Concerts du Dimanche Matin organisés par Jeanine Roze, le Trio Wanderer sera de retour cette saison à l’occasion de la nouvelle série des Concerts du Dimanche du Théâtre des Champs-Elysées. Multirécompensé (notamment par trois Victoires de la musique classique), le trio a su s’imposer sur la scène française et internationale. Leurs enregistrements ont été largement récompensés. Leur dernier album, Art Nouveau, paru en janvier 2026, a obtenu un Diapason d’or. Ce dimanche, ils interpréteront les trios n° 1 et 2 de l’opus 70 de Beethoven, tous deux dédiés à la comtesse Maria von Erdödy, une proche amie du compositeur.
Composé entre 1807 et 1808, le trio n°1 de l’opus 70 est surnommé « trio des Esprits », sans doute en raison de l’ambiance lugubre causée par son deuxième mouvement, mais aussi parce que le thème de ce mouvement était destiné à une scène de sorcières pour un projet d’opéra inspiré de MacBeth. Ce mouvement lent et cette mystérieuse atmosphère font de cette composition l’un des trios pour piano les plus réputés de Beethoven.
Le trio n°2 est composé en 1808. Selon le compositeur autrichien Carl Czerny, Beethoven se serait inspiré de thèmes populaires croates entendus lors d’un voyage en Hongrie. Si le trio des Esprits se démarquait par son intensité théâtrale et son climat inquiétant, il n’en est rien pour le n°2. Composé en 4 mouvements, il privilégie les émotions subtiles à travers un timbre chaleureux et intime. L’influence de Haydn se ressent notamment à travers les doubles variations de l’Allegretto, la forme préférée de l’ancien professeur du compositeur.
Renaud Capuçon violon Mao Fujita piano

Lundi 7 juin & lundi 14 juin à 20h
Renaud Capuçon et Mao Fujita se retrouveront à deux reprises sur la scène du TCE pour un cycle Beethoven.
Aux côtés des dix-sept quatuors à cordes de Beethoven, ses dix sonates pour piano et violon forment un ensemble de tout premier ordre en matière d’invention musicale. Composées pour neuf d’entre elles entre 1796 et 1803, et pour l’ultime en 1812, elles se trouvent à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles.
Il y a près de vingt ans, Renaud Capuçon avait donné en concert puis gravé ce cycle complet avec Frank Braley. On y notait tout à la fois l’expressivité, l’élégance et le jeu complémentaire des deux artistes. Cette saison, c’est en compagnie de Mao Fujita qu’il interprète ces pièces. Lauréat du Prix Clara Haskil en Suisse et médaille d’argent au Concours Tchaïkovski de Moscou, le jeune pianiste japonais s’est déjà fait remarqué grâce à son jeu subtil et aérien. Il a été invité à se produire dans de grands festivals internationaux et sur des scènes prestigieuses, notamment au Carnegie Hall de New York Le public français le découvre lors de l’édition 2024 du festival de Pâques d’Aix-en-Provence fondé et dirigé par Renaud Capuçon, où ils jouaient un programme de trios en compagnie de Kian Soltani. Les voici en tête-à-tête pour ces deux rendez-vous parisiens consacré aux sonates de Beethoven.
Arielle Beck

Dimanche 20 juin 2027 à 11h
Le retour de la jeune pianiste Arielle Beck qui nous a tant éblouis la saison dernière.
Après son premier récital avenue Montaigne la saison dernière, la jeune prodige du piano est de retour pour un nouveau Concert du Dimanche. A tout juste 17 ans,Arielle Beck est déjà une concertiste aguerrie, régulièrement amenée à se produire sur des scènes prestigieuses, en France comme à l’étranger. Elle n’hésite pas à se confronter à des partitions exigeantes avec autorité et maturité. Elle dévoilera sa technique impeccable et son jeu aérien pour un programme Beethoven, Prokofiev et Liszt.
La jeune pianiste intérpétera les Variations héroïques (opus 35) de Beethoven en première partie de soirée. Composées en 1802, ces pièces sont un cycle pour piano de quinze variations et d’une fugue en mi bémol majeur. Elles reposent sur un thème commun : le final du ballet Les Créatures de Prométhée. Beethoven a également utilisé ce thème pour la septième de ses douze contredanses pour orchestre et pour sa symphonie n°3 « Héroïque ». Ces différents rappels musicaux contribueront à leur donner le surnom de « Variations Eroica ». L’œuvre débute en exposant tout de suite la basse du thème, sans harmonisation. A l’image de Prométhée qui donne vie aux humains, les voix entrent ensuite progressivement avant de dévoiler l’ensemble du thème. La fugue vient conclure l’œuvre en apothéose. Le célèbre compositeur fait preuve d’une grande liberté artistique en jouant avec les dissonances et les contrastes. Tout au long de ses variations, on peut également reconnaître divers hommages à Bach.