Ferragamo présente UN PASSO ALLA VOLTA AU VENICE FILM FESTIVAL

À l’issue des arrivées et de la projection, le critique de cinéma et professeur d’Histoire et de Filmographie Giovanni Canova a animé une conversation avec les acteurs du film. La soirée s’est poursuivie par un cocktail dînatoire dans le foyer du Théâtre La Fenice.

Né d’une idée originale de Martina Ferragamo et Simone Coppo, le film part d’une question simple et universelle : comment trouver son propre chemin lorsque tout va si vite et semble avoir déjà été décidé ? Que se passe-t-il lorsque le passé paraît avoir déjà tracé une direction précise ?

Dans une société qui nous encourage souvent à faire deux pas à la fois, Un Passo alla Voltaexplore la valeur du commencement, de l’écoute et du temps nécessaire pour transformer un héritage en choix personnel.

La protagoniste du court-métrage est Martina Ferragamo, une actrice appelée à incarner sa propre famille dans un film. À la frontière entre réalité et dimension onirique, l’histoire retrace le lien entre Salvatore Ferragamo et le cinéma hollywoodien, pour aboutir à la figure de Wanda Miletti Ferragamo, dont le parcours incarne la continuité, la vision et l’avenir. Deux figures remarquables qui appartiennent à l’histoire de l’excellence italienne.

Un Passo alla Volta évoque quelque chose qui nous concerne tous : notre rapport à ce qui nous précède, à la famille, au talent, aux attentes, au temps et à la possibilité de transformer cet héritage. Un pas à la fois, vers un chemin qui nous appartient.

À travers une perspective intemporelle, le film s’interroge sur ce que signifie hériter d’une histoire importante et trouver sa propre manière de la faire vivre et de la porter vers l’avenir.

Synopsis

Martina, une actrice, arrive dans les studios de cinéma pour incarner Wanda Ferragamo, l’épouse de Salvatore Ferragamo. Elle est troublée. Le rôle est bien plus qu’un simple personnage : c’est sa grand-mère. Le poids du nom, le désir d’en être digne, la pression de ne pas décevoir et de trouver sa propre place l’accompagnent depuis l’instant où elle a posé le pied sur le plateau, un environnement tourbillonnant et vivant où tout évolue à grande vitesse.

Elle est accueillie par la réalisatrice Margherita : perspicace, lucide, attentive à ce qui reste inexprimé. Elle observe Martina avec attention, sans jamais la brusquer, la guidant avec intelligence vers quelque chose de plus profond.

À ses côtés se trouve Claudio, son collègue et partenaire de jeu, instinctif et curieux, qui tente de répéter les répliques et de mettre de l’ordre dans le scénario, ramenant Martina à la réalité de la scène. Mais Martina est ailleurs. Submergée, à bout de forces.

Elle court. Elle trébuche. Dans le département des costumes, elle chausse les souliers de Wanda.

Elle fait un pas. Noir complet.

Dans l’obscurité, elle traverse les coulisses et se retrouve soudain à une autre époque : sur le tournage de The King of Kings, réalisé par Cecil B. DeMille. Nous sommes en 1927.

Là, elle rencontre un jeune Salvatore Ferragamo. Leur échange est bref, essentiel.

« Le temps, c’est ce que nous sommes. Un pas à la fois. »

Un instant plus tard, Martina/Wanda revient au présent. Le même espace, mais perçu à travers un regard différent.

Désormais, elle marche. Elle ne court plus.

Dans la scène finale, Claudio – dans le rôle de Matteo, collaborateur de longue date de Salvatore – présente ses condoléances à Wanda et lui demande comment avancer après une perte aussi profonde.

Puis, suivant son instinct, il commence à improviser. Margherita observe depuis le moniteur.

Elle comprend que quelque chose de réel est en train de se produire – et laisse le moment se déployer. Martina, désormais pleinement présente, ne joue plus. Elle écoute. Elle ressent.

Et elle répond :

« Un pas à la fois. »