Le directeur artistique Demna a estimé que cette collection était la première à refléter pleinement sa vision personnelle de la marque.
Le défilé Gucci s’est tenu dans un décor de boutique doté de murs en marbre, d’un bas-relief, d’un portant à vêtements et d’étagères exposant les accessoires de la maison. Cet espace préfigure une future boutique Gucci et, tout comme la collection elle-même, témoignait de la vision de plus en plus affirmée de Demna pour la marque. L’ensemble respirait la sophistication et, comme le créateur l’a souligné lors d’une présentation en avant-première, consolidait l’esthétique développée au fil des saisons précédentes.
Il a scindé le défilé en deux volets — masculin puis féminin — estimant que chaque vestiaire méritait d’être mis en lumière à parts égales. Les mannequins, hommes comme femmes, affichaient une assurance remarquable en traversant d’un pas déterminé les pièces de cette boutique imaginaire, qui pourrait bien servir de modèle pour l’avenir selon Demna.
Les deux lignes faisaient preuve d’une grande cohérence, reflétant la vision du créateur. On retrouvait des échos de son travail chez Balenciaga dans la coupe aux accents gothiques, les proportions oversize et les chaussures aux lignes allongées, mais il a su transposer ces éléments avec succès dans l’univers Gucci. Il a ponctué certains looks de ceintures hautes à triple fermoir « mors » ou a apposé le logo GG sur les doublures de parkas, sans jamais tomber dans l’excès, renforçant ainsi l’allure luxueuse de la collection. La première silhouette féminine évoquait l’héritage équestre de Gucci, tout en le modernisant : une veste courte et ajustée à trois boutons — ornée d’un petit mors argenté sur chaque revers — portée sur un pantalon d’équitation blanc ultra-moulant et des bottes promises à un grand succès.