Quand je crée un parfum dans la collection des EAUX DE CHANEL, je cherche toujours des correspondances. Pas une carte postale, pas un exercice de style, mais une vraie question adressée à un endroit : que porte-t-il en lui de singulier ?
Depuis 2018, LES EAUX DE CHANEL composent une collection à part : des fragrances fraîches, lumineuses, inspirées dans leur esprit des eaux de Cologne, chacune portée par une destination ayant marqué la vie de Gabrielle Chanel. PARIS — BIARRITZ, PARIS — DEAUVILLE, PARIS — VENISE, PARIS — RIVIERA, PARIS — ÉDIMBOURG, PARIS — PARIS…
Des lieux de vie, de mouvement, de liberté.
Avec PARIS — ST. MORITZ, pour la première fois, la collection s’invite dans une destination hivernale. Après les agrumes, les notes très ensoleillées des autres EAUX, St. Moritz avait cette qualité particulière : ce n’est pas seulement un paysage enneigé. C’est un lieu habité, un lieu où Gabrielle Chanel venait chercher quelque chose qu’elle ne retrouvait nulle part ailleurs.
Gabrielle Chanel sur les pistes, entourée de son cercle d’amis. Les journées dans la neige qui se prolongent tard dans les salons des hôtels. Paul Morand recueillant ses confidences. St. Moritz représentait pour elle une forme d’élévation intérieure. La vie, débarrassée du superflu.

Très vite, j’ai eu envie de répondre à l’hiver par cette chaleur, intime et conviviale, non pas reproduire ce qu’un lieu sent, mais ce qu’il éveille. Quand il fait froid, on a envie de se réchauffer. Je cherchais une sensation enveloppante, confortable, mais sans lourdeur. Quelque chose de duveteux. Une impression de familiarité — cette sensation très simple qu’on éprouve parfois en portant un vêtement qu’on aime.
Cette idée prend vie à travers trois notes majeures : des notes de poire, de la rose, et un accord musqué-ambré. Les notes de poire apportent une fraîcheur verte et juteuse. La rose, travaillée avec des nuances fraîches, révèle des facettes épicées, minérales, parfois abstraites. Les notes musquées-ambrées, rondes et enveloppantes, installent enfin la chaleur du parfum sur la peau. Trois notes, trois éléments qui se répondent.
Cette idée de composition est au fondement du style CHANEL depuis N°5. Gabrielle Chanel avait demandé à Ernest Beaux non pas une odeur de fleur, mais quelque chose de construit — elle qui sculptait des silhouettes voulait retrouver cette même logique dans un parfum. De cette époque à aujourd’hui, il y a un fil qui traverse le temps : créer des compositions complexes qui donnent l’illusion de la simplicité.
Un parfum sur une peau fonctionne presque comme un kaléidoscope. Une matière peut apparaître davantage selon l’alchimie de chaque corps. Certaines peaux feront émerger la fraîcheur des notes de poire, d’autres laisseront apparaître d’emblée la profondeur des notes musquées. C’est une rencontre, la plus belle d’entre elles, que je ne peux pas prévoir.
C’est peut-être cela, la dernière correspondance — celle entre le parfum et celui ou celle qui le porte. PARIS — ST. MORITZ m’a donné une direction. La peau, elle, trouve la sienne.
Olivier Polge, Parfumeur Créateur de CHANEL